Les aliments anti-cancer prouvés par la science

Une alimentation variée et équilibrée, riche en fruits, légumes et en produits végétaux de qualité, constitue un rempart contre le cancer. A la loupe, certains de ces aliments les plus prometteurs.

Nous fabriquons tous, en permanence, des cellules cancéreuses qui vont mettre plusieurs décennies à former une tumeur. Mais nous avons en nous des systèmes de défense puissants qui passent leur temps à éliminer ces cellules indésirables. Certains aliments viennent renforcer ces processus de détoxification, grâce à des principes actifs bien spécifiques : leurs vitamines, minéraux, fibres, « bons » gras et composés phytochimiques, qui constituent une réelle « chimiothérapie préventive ». D’autres, au contraire, affaiblissent ces processus de défense. La science le prouve : nous pouvons déjouer le cancer grâce à la consommation de certains aliments et à l’adoption d’une hygiène de vie préventive. « En effet, près de 70% des cancers sont liés à notre mode de vie (tabac, sédentaire, surpoids, malbouffe, alcool…), et on estime que 30% des décès causés par le cancer sont dus à la mode alimentaire déséquilibré », explique le Dr William Li, docteur en médecine, spécialiste de biologie moléculaire et cellulaire*. Il est temps de renverser la tendance !

* Auteur de « bien manger pour guérir »

Tomates, légumes verts, algues et carottes : Principaux cancers : Prostate, sein, poumon.

- Les légumes verts, orange ou rouges-violets sont tous riches en caroténoïdes, une famille phytochimique qui comprend notamment le lycopène de la tomate, la lutéine des épinards et légumes verts, le bêtacarotène des carottes, la fucoxanthine des algues. Ces caroténoïdes protègent les cellules de l’oxydation et de la cancérisation, le lycopène de la tomate étant celui qui le plus d’impact en termes de préventions*.

En pratique : « l’action anti-cancéreuse du lycopène est maximale lorsque les tomates sont cuites en présence de matière grasse, comme l’huile d’olive par exemple. La peau contient 3 à 5 fois plus de lycopène que la chair, consommez vos tomates sans les éplucher » conseille le Dr Li. Alors, succombez au sauces tomate maison, coulis et concentrés !

* Des études sont parues, entres autres, dans le « Journal of the National Cancer Institute » en 2002 et 2012.

Les épices et les aromates : Tous types de cancers.

- Les épices et aromates sont tous riches en molécules anti-inflammatoires. Ils combattent donc l’inflammation chronique qui constitue un excellent terreau pour le développement des cellules précancéreuses. Le curcuma fait partie des épices les plus étudiées. Riche en curcumine, elle pourrait expliquer les écarts gigantesques entre les taux de certains cancers (sein, prostate, poumon, côlon) en Inde et dans les pays occidentaux. Mais d’autres épices et herbes aromatiques, comme le gingembre, le piment, le cumin, la menthe, le poivre et les herbes de Provence (basilic, romarin, origan, thym) sont dotées de propriétés protectrices*.

En pratique : Limitez le sel et réhaussez le goût  de vos plats grâces aux épices et aromates. « Afin d’augmenter la biodisponibilité de la curcumine, il est conseillé de rajouter du gingembre, du poivre ou du cumin dans les plats contenant du curcuma » note le Dr Béliveau, professeur de biochimie et spécialiste des relations cancer et alimentation.

* Des études sont parues entre autres, dans « Planta Medica » en 2008, dans « Carcinogenesis » en 2008 et dans l’« Asian Pacific Journal of Cancer Prevention » en 2011.

Le thé vert : Principaux cancers : côlon, œsophage, estomac.

- Lorsque le thé infuse, il libère une quantité impressionnante de polyphénols (jusqu’à 200mg par tasse) et notamment d’épigallocatéchine gallate (EGCG). Plus de 11 000 études ont démontré l’efficacité polyvalente de l’EGCG sur le développement des cellules cancéreuses*.

En pratique : «Préférez un thé vert japonais, plus riche en EGCG que le thé vert chinois » conseille de Dr Béliveau. Laissez le infuser 8 à 10 mn, temps nécessaires pour extraire un maximum de polyphénols. Evitez de le boire brûlant, car cela agresse les muqueuses, ce qui contrecarre son effet protecteur.

* Des études sont parues, entre autres, dans « The American Journal Of Clinical Nutrition » en 2012 et 2013

 

Les crucifères : Principaux cancers : Poumon, vessie, prostate.

- Choux, brocoli, chou-fleur, radis et navet sont les principaux crucifères consommés, mais le cresson et le brocoli-rave font également parties de cette super famille anticancer. Ce sont les seuls végétaux à contenir des glucosinolates qui, une fois mastiqués, se transforment en indoles et en isothiocyanates. Ces substances agissent comme de véritables bazookas contre les cellules cancéreuses : ils arrêtent la prolifération, provoquent leur mort et détoxifient le cors des agents cancérigènes*.

En pratique : Mangez en tous les jours si possible, en variant les goûts et les plaisirs : chou vert, chou de Bruxelles, chou rouge, chou romanesco, choux frisé, chou-fleur, brocoli peuvent accompagner tous vos plats de viande ou végétariens. Mieux vaut les cuire à la vapeur ou les faire sauter, afin de mieux préserver leur richesse en principes actifs protecteurs.

* Des études sont parues entre autres, dans les « Annals of Oncology » en 2013 et dans « Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention » en 2010

 

Les agrumes : Principaux cancers : Œsophage, estomac.

- Oranges, mandarines, pomelos, pamplemousses, citrons contiennent  de grandes quantités de vitamines C, antioxydante. Ils sont également riches en principes phytochimiques qui inhibent le développement des cellules cancéreuses. Et ils modulent les systèmes enzymatiques qui participent à l’élimination des substances étrangères de l’organisme*. Effet détox garanti !

En pratique : « Rien ne vaut la consommation des fruits entiers car les jus d’agrumes sont très riches en sucre et pauvres en fibres. Cela favorise une montée du taux de sucre dans le sang, propice aux hypoglycémies », précise l’expert en biochimie ».

*  Des études sont parues , entre autres dans « Current Medicinal Chemistry » en 2001, dans « Journal of Nutrition » en 1999, et dans l’ « International Journal of Cancer » en 2010

-       Les fruits rouges : Principaux cancers : Sein, prostate, côlon

-        - Fraises, bleuets, myrtilles, cerises, mûres et framboises sont des sources exceptionnelles en anti-oxydants, vitamines C et polyphénols : anthocyanines des bleuets, des cerises et des myrtilles, acide ellagique des fraises et des framboises. Ces précieux micronutriments asphyxient les cellules cancéreuses en empêchant la formation d’un nouveau réseau sanguin  autour de la tumeur*.

En pratique : La saison des fruits rouges est assez limitée dans le temps. Mais vous pouvez les consommer tout au long de l’année grâce à la congélation, qui préserve bien leurs principes actifs. Dégustez les sous formes de salades de fruits, entiers dans un yaourt, écrasés en coulis, mixés en smoothies…  Mais évitez la cuisson qui réduit leur teneur en polyphénols.

L’ail et ses cousins : Principaux cancers : Œsophage, Estomac, côlon, Prostate

-       - L’ail et ses proches parents (oignon, poireau, échalotte, ciboulette), traditionnellement recommandés pour traiter les infections, les troubles digestifs et les problèmes respiratoires, se révèlent aujourd’hui de puissants alliés contre le cancer, en aussi de leur richesse en composés soufrés (l’allicine notamment). Ces molécules ont la capacité de bloquer la formation d’éléments cancérigènes comme les nitrosamines et de restreindre la croissance de plusieurs types de cellules cancéreuses*.

En pratique : L’OMS recommande de manger 2 à 5 g d’ail frais par jour, soit l’équivalent d’une gousse. « Les principes actifs sont libérés lors du broyage. Ceux de l’ail sont sensibles à la chaleur : rajouter ce condiment environ 2 minutes avant la fin de cuisson  du plat ou consommez-le cru et haché », conseille le Dr Richard Béliveau, professeur de biochimie et spécialiste  des relations entre le cancer et l’alimentation. N’hésitez pas à cuisiner vos légumes avec de l’ail et des oignons, à préparer des soupes de poireaux, à ciseler la ciboulette sur une sauce au fromage blanc, du poisson, une omelette…

* Des études sont parues, entre autres, dans l’ « Asian Pacific Journal of Cancer Prevention » en 2013 et dans le « japanese Journal of Cancer Research » en 1999

Les bons gras : huile d’olive, noix, poissons gras…

-       - Les acides gras mono-insaturés, oméga 9 (huile d’olive), et les poly-insaturés, oméga 3 (noix et autres fruits oléagineux, poissons gras, huile de colza, graines de lin...) sont de précieux anti-inflammatoires, qui inhibent la formation de cellules cancéreuses*.

En pratique : Assaisonnez vos repas avec un mélange d’huile d’olive et de colza de première pression à froid et faites cuire vos aliments à l’huile d’olive. Mangez du poisson gras (sardines, saumon, hareng, maquereau…) 2 fois par semaine. Soupoudrez vos yaourts, céréales…avec des graines de lin fraîchement moulues. Tartinez le pain avec du beurre de cacahuète. En encas, prenez une poignée de noix, noisettes, amandes…

* Des études sont parues entre autres, dans « Cancer Epidemiol Markers Prevention » en 2008 et dans le « British Journal of Nutrition » en 2012

Le soja : Principaux cancers : Sein, prostate

-        - Les fèves de soja contiennent de grandes quantités d’isoflavones, une classe de phyto-œstrogènes qui interfèrent avec la croissance des cancers hormonaux dépendants, principalement le sein et la prostate. Plus l’aliment est introduit tôt dans l’alimentation de l’enfant, si possible avant la puberté, meilleur sera l’effet protecteur. Le soja s’avère également intéressant en prévention des récidives du cancer du sein*.

En pratique : Les isoflavones sont présentes en quantités importantes dans les fèves nature (edamame), le tofu, le jus de soja ou encore le miso. L’effet protecteur se manifeste à partir d’une consommation de 25mg d’isoflavones par jour (soit environ 180g d’édamame). « Il est en revanche fortement déconseillé d’avoir recours aux compléments alimentaires à base d’isoflavones de soja, à doses trop élévées et dont l’innocuité sur le long terme n’est pas connue » précise le Dr Béliveau.

* Des études sont parues entre autres, dans « Nutrition and Cancer » en 2006 et dans « PLoS One » en 2014

Plus de Fibres !

Les fibres protègent du cancers des voies aérodigestives. De plus, les aliments qui en contiennent réduisent le risque de surpoids. Mais attention, nous ne sommes que 13% à atteindre les doses recommandées : 25 g par jour ! Soit au moins 5 fruits et légumes et une portion de céréales complètes par jour et des légumes secs au moins 2 fois par semaine.

Moins de viande rouge !

Le CIRC* classe la viande (hors volaille) comme un cancérigène probable et la charcuterie comme cancérigène avéré, augmentation notamment de risque de cancer colorectal. Limitez vous à 500 gr de viande rouge (bœuf, porc, veau, agneau, cheval et mouton) soit 3 fois à 4 steaks et à 150 g de charcuterie par semaine, variez vos sources de protéines (volaille, œuf, poisson, céréales et légumineuse, produits laitiers…) Limitez les viandes cuites à hautes températures (barbecue, fritures etc) et variez les modes de cuisson (bouillie, rôtie, etc..)

Questions au Dr Béliveau « Professeur émérite de biochimie et directeur scientifique de la chaire en prévention et traitement du cancer de l’université du Québec » Coauteur de « Les aliments anticancer » et « La méthode anticancer » Edition Flamarion  / richardbeliveau.org

Les aliments peuvent-ils être considérés comme des médicaments ?

Non, car une fois la maladie déclarée, seules les chimiothérapies, la chirurgie et la radiothérapie sont efficaces. En revanche, ils constituent une chimiothérapie préventive. Les végétaux contiennent une foule de molécules de défenses face aux agresseurs (virus, bactéries, champignons…)

Que penser des compléments alimentaires ?

A éviter. La diversité moléculaire de l’aiment ne peut être remplacée par un supplément. La seule exception est la vitamine D, associée à une réduction du risque de cancer du sein et du côlon. Et en hiver dans les pays du Nord, nous sommes tous en carences.

Le bio est-il indispensable ?

Non. Les 400 000 études compilées par le Fonds mondial de recherche sur le cancer ont toutes été faires avec des végétaux cultivés de façon conventionnelle. La quantité totale de molécules phytoprotectrices dépasse largement les traces résiduelles des pesticides que l’on trouve dans les végétaux non bio.

***

Source : femme actuelle n°1904 du mois de mars 2021

Commentaires (0)

Product added to wishlist
Product added to compare.